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Le plus disruptif des metteurs en scène italiens, Romeo Castelluci, a ouvert le bal de la saison du Théâtre Royal de la Monnaie avec La Flûte Enchantée. Et quelle ouverture ! Castelluci casse radicalement les codes : alors, hommage ou trahison à Mozart? La question se pose. Ce qui est certain, c’est que son adaptation risque de faire couler beaucoup d’encre.

Les mises en scène de Romeo Castelluci ne laissent jamais indifférent, sa version de la Flûte Enchantée détonne et bouscule le spectateur. Et pour cause, le scénographe reconnaît que la forme universelle de l’œuvre laisse place à de nombreuses interprétations possibles tel un terrain de jeu inouï.

Faisons un bond dans l’histoire : La Flûte Enchantée de Mozart reste l’un des opéras les plus connus du répertoire lyrique.  L’histoire conte les aventures de l’oiseleur fantasque Papageno ainsi que les déboires des jeunes amants Pamina et Tamino. Durant toutes les péripéties du récit, Mozart va osciller entre l’ombre et la lumière, synonyme du combat du bien et du mal pour parvenir à la fin, à faire triompher le bien et à instaurer un nouvel ordre.

L’œuvre a été pensée par son créateur pour être reçue par un public varié de tout âge et de toute classe sociale. C’était un opéra quasi révolutionnaire pour la société viennoise de l’époque.  Mozart, tel Castelluci, sortait déjà des sentiers battus. Depuis sa création, 200 ans ont passé et les temps ont bien changé. Vraiment ? Dans sa revisite, le metteur en scène italien ressort des éléments inexplorés de l’œuvre cruellement contemporains.

La revisite de Romeo Castelluci 

Dans sa version de la Flûte Enchantée, le metteur en scène italien casse radicalement les codes de l’opéra classique. Il met en avant les émotions brutes, joue sur les contrastes et choisit de se priver de la narration. Ainsi, l’homme coupe court aux dialogues parlés de l’œuvre pour laisser place à l’intensité du lien entre l’amour et la musique.  Si l’intensité se fait sentir, la compréhension de l’histoire est moins aisée. Les tableaux s’enchaînent et le spectateur est face à un concentré de récit parfois difficile à décrypter.

Accepter de lâcher-prise

Dès le lever de rideau, les premiers accords s’envolent dans le ciel de la monnaie et un homme seul sur scène, tente de briser un tube de néon pour répandre l’obscurité. Il est suivi de près par des hommes affublés d’un masque à gaz. Le ton est donné : la revisite est moderne, violente et efficace. Puis, par un switch des plus renversants, la première scène s’ouvre sur un tableau blanc, monochrome, d’une beauté époustouflante. Cette blancheur immaculée sera de mise pour l’ensemble de la première partie de l’œuvre. Le protocole est rigide, les chorégraphies réglées s’enchaînent à la perfection, la répartition des rôles est symétrique :  deux Taminos, deux Papagenos, deux Paminas… La distribution pourtant baroque et rococo, est opaque est fermée, calculée au millimètre près, quasiment déshumanisée par une blancheur qui empêche de distinguer qui que ce soit et quoi que ce soit.

Du catwalk de Kanye West aux airs d’Orange Is The New Black.

À la reprise du deuxième acte, le rideau se lève et laisse place à un univers totalement différent : le palais de Sarastro.  Trois femmes tirent leur lait et le déversent dans un néon horizontal telle une clepsydre du temps. La référence à l’ouverture du premier acte est flagrante. La première scène s’ouvre sur une salle d’attente d’hôpital aux airs de prison américaines. Elle créer un univers étrange et post mortem similaire à celui de la série phénomène de Netflix : Orange Is The New Black. Tous les personnages portent des pyjamas belges tout droit sortie d’une collection de Kanye West. Parmi les hommes et femmes présents sur scène, on retrouve 5 grands brûlés et 5 aveugles, ce ne sont pas des acteurs, mais de réels citoyens. Chaque personnage porte les stigmates de l’obscurité et de la lumière (incarnée ici par le feu pour les grands brûlés).

C’est là que toute la puissance de Romeo Castelluci apparaît : il se sert d’une œuvre pour confronter ses spectateurs à une réalité des plus marquantes : la force de la lumière, la soumission à l’obscurité, le rapport homme/femme, les marques du temps et les cicatrices de la vie, la douleur d’une mère, l’intensité du lien maternelle : toutes ces choses sont cruellement et violemment contemporaines.  Si Mozart doit se retourner dans sa tombe, on ne peut qu’admirer l’audace mise en beauté par l’extrême poésie de la musique de cette adaptation révolutionnaire de Die Zauberflote.

 

Elisa Brevet

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